Goût et odeur

Une des raisons d’être d’un emballage est de protéger le contenu contre tout dommage. Pour beaucoup de produits, il doit aussi empêcher l’altération de l’arôme. L’emballage ne doit pas apporter d’altération inacceptable en émettant ou en absorbant des substances génératrices d’odeurs qui risqueraient d’affecter des produits délicats comme les cigarettes ou le chocolat.

L’odeur du carton peut avoir de multiples origines, dont les résines du bois des pâtes mécaniques et les produits chimiques résiduels des pâtes chimiques. Au cours de la production du carton, il se développe une activité biologique interne qui peut produire des arômes. De plus, les couchages contiennent des liants synthétiques qui peuvent également en produire.

Les pâtes mécaniques et chimiques sont choisies dans le but de minimiser les odeurs et des mesures sont prises en cours de fabrication pour éliminer l’activité biologique. On teste régulièrement la production pour s’assurer que le risque d’altération des denrées alimentaires est réduit au minimum. En outre, les composants des matériaux de couchage sont soumis à des normes et des contrôles sévères, réduisant les risques de contamination

L’expérience a montré que le principal risque d’altération des produits délicats par les boîtes en carton provient de l’encre d’impression ou de résidus de vernis imprégnés dans le carton pendant l’impression. Le carton absorbe souvent les solvants et véhicules des encres, qui peuvent imprégner les fibres et se dégager ultérieurement. Le carton peut aussi absorber des odeurs au cours du stockage, et il faut donc prendre soin, avant l’impression, de le stocker dans une zone exempte d’odeurs.

Certaines méthodes d’impression peuvent, à des degrés divers, causer des problèmes d’odeur. L’encre d’impression offset, à base d’huiles siccatives, dégage en séchant de grandes quantités de substances volatiles. Il est essentiel que les feuilles imprimées soient correctement séchées et aérées pour éviter ces problèmes. Il exis-te des encres modernes d’impression offset dites « sans odeur » qui réduisent ces risques. Le traitement UV des encres offset est parfois utilisé pour obtenir une brillance très élevée. Si l’effet est insuffisant ou non uniforme, cette technique peut être à l’origine de problèmes d’odeur. L’héliogravure est souvent considérée comme la méthode la plus sûre pour éviter les problèmes d’odeur, pour autant que l’on ait choisi les solvants avec soin et que le séchage soit suffisant.

On fait souvent appel à la chromatographie en phase gazeuse pour détecter et mesurer les substances volatiles et potentiellement odorantes dans le carton ou les boîtes. Chaque substance volatile de l’échantillon est représentée par un pic sur le chromatogramme. La surface délimitée par le pic est représentative de la concentration de la substance en question.

Le choix du carton

Le carton qui va être utilisé pour l’emballage de substan-ces délicates comme le tabac ou les aliments doit être soumis à des essais de goût et d’odeur. Comme on l’a expliqué plus haut, la composition du couchage de surface et de la pâte sont des sources potentielles de substances odorantes. Les encres d’imprimerie peuvent aussi être cause d’odeurs, et différentes méthodes d’impression contribuent diversement à la production d’odeurs.

Le carton intérieur bois (mélange de pâtes méca-niques et chimiques) et le carton homogène blanchi (pâte chimique pure) étant composés de fibres vierges, leurs constituants sont parfaitement connus. La pâte chimique est celle qui dégage le moins d’odeur.

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Caractéristiques de la neutralité au goût et aux odeurs

Une boîte en carton doit être autant que possible exempte de substances odorantes. Ces dernières peuvent venir:
• des fibres du carton
• du couchage du carton
• de l’enduction par extrusion
• de l’impression, du contrecollage ou d’une autre étape de la transformation.

Évaluation du goût et de l’odeur

Un emballage en carton optimal n’altère pas l’odeur ou l’arôme de son contenu. La concentration des substances odorantes doit être presque nulle pour qu’un carton reçoive un label de qualité sur ce point.

Caractéristiques des fibres et produits de couchage

Les fibres chimiques blanchies contiennent de la cellulose et des traces d’impuretés : de petites quantités d’acides gras, des résines et autres impuretés qui peuvent créer des problèmes d’odeur. Les acides gras s’oxydent pendant le stockage et développent une odeur de bois ou même de rance.

Les fibres mécaniques contiennent de grandes quantités de lignine (un composant du bois) et de résines contenant des acides gras. Un carton à base de telles fibres peut présenter un risque d’odeur mais qui peut être réduit par une fabrication et une surveillance adaptées.

Les fibres vierges peuvent être assez bien contrôlées mais les fibres recyclées sont souvent d’origine inconnue. Elles ont subi différentes étapes de transformation – impression par exemple – avant d’être récupérées et réutilisées. Le risque de contamination et de présence d’impuretés dans le carton, cause de modification du goût et de l’odeur, est donc impondérable.

Un carton composé de fibres recyclées ne peut donc pas être recommandé pour l’emballage de produits délicats.

La plupart des cartons d’emballage de haut de gamme sont des cartons couchés assurant une bonne imprimabilité. Les liants de la couche sont des structures cristallines pouvant contenir diverses substances organiques considérées comme des impuretés. Certaines peuvent être source d’odeur et il faut les contrôler soigneusement.

Propriétés déterminantes du carton

Le choix des éléments suivants est décisif pour l’absence de goût et d’odeur du carton et des boîtes:
• les fibres vierges
• les constituants de la couche
• l’enduction plastique
• la méthode d’impression.

Équipement de mesure

L’appareil le plus sensible pour la détection des odeurs et des goûts est l’être humain. Seuls les humains sont capables de décrire les odeurs et les goûts. Les membres de jurys spécialisés affectent des valeurs numériques à leurs impressions d’arômes ou essences reconnues. Sur la base du jugement d’au moins huit sujets, on peut obtenir des résultats exacts et objectifs. Un certain nombre de méthodes d’analyses sensorielles reconnues existent. Le choix de l’essai dépend de facteurs tels que l’analyse voulue (par exemple type de produit, type de questions) et du temps disponible pour arriver à un résultat. Les méthodes instrumentales complètent utilement les éva-luations humaines. La méthode d’extraction headspace combinée à la chromatographie en phase gazeuse (CPG) sert à mesurer les composants chimiques dégagés par les produits. Pour identifier les composés, on y ajoute la spectrométrie de masse (SM). Dans la technique d’extraction headspace, les substances volatiles qui sont dégagées sont collectées sous forme de gaz. En CPG, les substan-ces volatiles sont séparées selon leur point d’ébullition et leur coefficient d’absorption dans la colonne CPG.

Leurs concentrations sont relevées par un appareil, normalement un détecteur à ionisation de flamme (DIF). L’appareil ne peut cependant pas distinguer les gaz odorants des autres. Pour y remédier, on peut diviser le courant gazeux après séparation et acheminer une partie vers l’instrument et l’autre vers un observateur qui hume le gaz et note s’il détecte une odeur.


Chromatogramme de carton non imprimé.

 


Chromatogramme de carton imprimé. Cliquez pour agrandir.

 

Contrôle qualité

On contrôle la qualité selon deux méthodes. La première utilise un jury qui compare l’échantillon (le produit fini ou la matière première) avec une référence. Dans la seconde, on utilise un chromatographe en phase gazeuse pour relever les pics qui révèlent la contamination ou pour noter des changements majeurs dans la concentration des substances odorantes connues.

Quand on examine un chromatogramme, il est important de sélectionner les composants qui sont facteurs de risque au-delà du seuil de détection. Ces composants diffèrent évidemment suivant les applications : ainsi, les cigarettes et le chocolat ne sont pas sensibles aux mêmes composants.

Échantillons et manipulation des échantillons

Pour obtenir des mesures fiables, il faut porter attention à la manipulation des échantillons. En raison de la nature délicate de ce type d’analyse, il faut s’abstenir de se parfumer ou d’utiliser un savon parfumé avant la manipulation et il faut protéger les échantillons par une feuille d’aluminium.

Pour tout conseil, veuillez contacter notre Laboratoire d’analyses sensorielles et chimiques.

Le Laboratoire Iggesund d’analyses sensorielles et chimiques est homologué (Numéro de certificat:
1740 ISO /IEC 17025) pour les analyses suivantes:

 

Type de test   Méthodes
Type d'information
  Remarque

Test de Robinson EN1230-2
  Degré de contamination par interaction matériau – milieu d’essai. Scores (0 – 4)   Le milieu d’essai stan-dard est le chocolat râpé, mais on peut en choisir d’autres.
Odeur EN1230-1   Intensité d’odeur des matériaux. Scores (0 – 4)   Les matériaux sont placés dans des flacons de verre puis on respire l’air des flacons.
Essais de différence : essai triangulaire (ISO 4120) essai duo-trio (ISO 10399)   Essai en paires (mod. ISO 5495). Certitude qu’il existe une différence.   On compare deux échantillons. S’applique au goût et aux odeurs.

 

 

 


Principe de la chromatographie en phase gazeuse. Cliquez pour agrandir.

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